Étude du corps astral Partie 1

par Espace Théosophie
Affichages : 98

Aucun homme, aussi grossier et matériel soit-il, ne peut éviter de mener une double existence ; l’une dans l’univers visible, l’autre dans l’invisible.

Le principe de vie qui anime sa forme physique est principalement dans le corps astral ; et tandis que ses parties les plus animales se reposent, les plus spirituelles ne connaissent ni limites ni obstacles.

L’homme physique visible est : le cerveau, les nerfs, le sang, les os, la lymphe, les muscles, les organes de sensation et d’action, et la peau. L’homme physique invisible est le corps astral, les passions et les désirs, et le principe de vie, appelé prana, ou jiva.

Le corps astral a beaucoup de noms et quand par la mort, il est libéré du corps et du mental, les hindous l’appellent le Bhuta (1), ou diable : ce n’est pas faux si nous abolissons l’ancienne notion qu’un diable est un ange tombé du ciel, car ce diable corporel est quelque chose qui s’élève de la terre.

Le corps astral est le modèle de forme déjà parfaite pour l’enfant qui croît dans l’utérus avant sa naissance. C’est sur lui que les molécules se disposent jusqu’à ce que l’enfant soit entièrement formé ; et la présence du corps de nature éthérée explique comment la forme se modèle, comment les yeux poussent de l’intérieur vers la surface du visage, ainsi que beaucoup d’autres questions mystérieuses d’embryologie décrites mais non expliquées car elles sont négligées par les médecins.

Dans son essence, la matière dont il est composé est électrique et magnétique, comme était composé le monde entier dans l’obscur passé lorsque les processus d’évolution n’étaient pas encore arrivés au point de produire un corps matériel pour l’homme. C’est le modèle directeur pour la forme physique ; et tous les autres règnes ont de même un modèle astral. Les végétaux, les minéraux et les animaux ont ce double éthéré. Cette théorie est la seule qui répond à la question de savoir comment la graine produit son propre genre, et tous les êtres sensibles leur semblable. Les biologistes peuvent seulement dire que les faits sont tels que nous les connaissons, mais ne donnent aucune explication pourquoi le gland ne produira jamais autre chose qu’un chêne, excepté qu’aucun homme ne l’a jamais vu autrement. Mais dans les anciennes écoles, la vraie doctrine était connue, et elle a été une fois de plus mise en évidence en Occident grâce aux efforts de H. P. Blavatsky et de ceux qui ont trouvé l’inspiration dans ses paroles.

Ce qui survit en tant qu’individualité après la mort du corps est l’âme astrale, que Platon, dans le Timée et le Gorgias appelle l’âme mortelle, car, selon la doctrine hermétique, l’individualité rejette ses particules les plus matérielles à chaque changement progressif dans une sphère supérieure (2).

Socrate raconte à Calliclès que cette âme mortelle conserve toutes les caractéristiques du corps après la mort de ce dernier ; à tel point, en effet, qu’un homme marqué d’un fouet aura son corps astral « plein d’empreintes et de cicatrices » (3). L’âme astrale est le duplicata fidèle du corps, à la fois dans un sens physique et spirituel.

Le corps astral, qui dans cette vie est recouvert d’une enveloppe physique grossière, devient, ‒ lorsqu’il est libéré de ce vêtement par le processus de la mort corporelle, ‒ à son tour la coque d’un autre corps plus éthéré.

Cela commence à se développer à partir du moment de la mort et devient parfait lorsque le corps astral se sépare finalement de la forme terrestre. Ce processus, disent-ils, se répète à chaque nouvelle transition d’une sphère à l’autre.

« Depuis la plus lointaine antiquité, l’humanité dans son ensemble a toujours été convaincue de l’existence d’une entité spirituelle personnelle au sein de l’homme physique personnel. Cette entité intérieure était plus ou moins divine selon sa proximité avec la couronne-Chrestos. Plus l’union est intime, plus le destin de l’homme est serein, et moins les conditions extérieures sont dangereuses. Cette croyance n’est ni du sectarisme ni de la superstition, mais seulement un sentiment instinctif toujours présent d’un autre monde spirituel et invisible, qui, bien qu’il soit subjectif pour les sens de l’homme extérieur, est parfaitement objectif pour l’ego intérieur » (4).

Le Divin, l’esprit le plus élevé et immortel [dans l’homme] ne peut être ni puni ni récompensé. Maintenir une telle doctrine serait à la fois absurde et blasphématoire, car ce Divin n’est pas simplement une flamme allumée à la fontaine centrale et inépuisable de lumière, mais il est en fait d’une partie de celle-ci, et d’une essence identique. Il assure l’immortalité à l’être astral individuel proportionnellement à la volonté de ce dernier de le recevoir (5).

Tant que l’homme double, c’est-à-dire l’homme de chair et d’esprit, reste dans la loi de la continuité spirituelle, tant que l’étincelle divine persiste en lui, même faiblement, il est sur le chemin d’une immortalité dans un état futur. La doctrine secrète enseigne que l’homme, s’il gagne l’immortalité, restera pour toujours la trinité qu’il est dans la vie, et continuera ainsi dans toutes les sphères (6).

Mais ceux qui se résignent à une existence matérialiste, et se ferment au rayonnement divin, déversé par leur esprit depuis le début du pèlerinage terrestre, qui sert de foyer à la lumière dans l’âme, ‒ ces êtres, qui ont laissé derrière eux conscience et esprit, et franchi les frontières de la matière, devront nécessairement suivre ses lois. La matière est aussi indestructible et éternelle que l’esprit immortel lui-même, mais seulement dans ses particules, et non en tant que formes organisées (7).

Le corps d’une personne si grossièrement matérialiste que celle décrite ci-dessus, ayant été abandonné par son esprit avant la mort physique, lorsque cet événement se produit, la matière plastique - l’âme astrale - suivant les lois de la matière aveugle, s’unit complètement au moule que le vice lui a progressivement préparé tout le long la vie terrestre de l’individu. Puis, comme le dit Platon, il prend la forme de cet « animal auquel il ressemblait par ses mauvaises manières » durant sa vie.

« C’est un dicton ancien, » nous dit-il, « que les âmes, qui partent ainsi, résident dans l’Hadès et reviennent à nouveau émanées par le mort. Mais ceux qui ont vécu une vie éminemment sainte, arrivent à la pure demeure AU-DESSUS et séjournent dans les parties supérieures de la Terre (8).

« Nous avons montré que la “Doctrine secrète“ ne concède pas l’immortalité à tous les hommes. “L’œil ne pourrait jamais voir le soleil s’il n’était pas de la nature du soleil“, déclara Plotin. “Ce n’est que par la plus grande pureté et chasteté que nous nous pourront nous rapprocher de Dieu et qu’en Le contemplant nous pourrons recevoir la vraie connaissance et la vraie vision“, écrivit Porphyre. Si l’âme humaine a négligé au cours de sa vie de recevoir son illumination de son Esprit Divin, notre Dieu personnel, alors il sera difficile à l’homme grossier et sensuel de survivre pendant une longue période après sa mort physique » (9).

Si, au cours de la vie, est négligé tout effort ultime et désespéré du soi intérieur de se réunir au rayon faiblement scintillant de son divin parent : si ce rayon est de plus en plus obscurci par la croûte épaisse de matière, l’âme, une fois libérée du corps, suit ses attractions terrestres et est magnétiquement attirée et prisonnière des brouillards denses de l’atmosphère matérielle. Puis, elle commence à s’enfoncer de plus en plus bas, jusqu’à ce qu’elle se retrouve, lorsqu’elle redevient consciente, dans ce que les anciens ont appelé l’Hadès. L’anéantissement d’une telle âme n’est jamais instantané ; elle pourra durer des siècles, peut-être, car la nature ne procède jamais par des bonds et des sursauts, et l’âme astrale étant formée des éléments, la loi de l’évolution devra attendre le moment venu, pour qu’œuvre la loi terrible de compensation (10).

Pas plus que le monstre difforme ne peut vivre longtemps après sa naissance physique, l’âme, une fois qu’elle est devenue trop matérielle, ne peut survivre après sa naissance dans le monde spirituel. La viabilité de la forme astrale est si faible que les particules ne peuvent pas cohérer fermement une fois qu’elles ont glissé hors de la capsule stérile du corps externe. Ses particules, obéissant progressivement à l’attraction de l’espace universel qui désorganise, s’envolent finalement au-delà de toute possibilité de réagrégation. Lorsqu’une telle catastrophe survient, l’individu cesse d’exister ; son glorieux Augoeides (11) l’a quitté.

Pendant la période intermédiaire entre sa mort corporelle et la désintégration de la forme astrale, cette dernière, liée par attraction magnétique à son cadavre monstrueux, rôde et aspire la vitalité des victimes sensibles. L’homme, ayant banni de lui-même tout rayon de lumière divine, est perdu dans les ténèbres, et s’accroche encore au monde matériel et terrestre (12).

Aucune âme astrale, même celle d’un homme bon et vertueux, n’est immortelle au sens strict ; « à partir des éléments elle a été formée, aux éléments elle devra retourner. » Seulement, ‒ tandis que l’âme des méchants disparaît et est absorbée sans rédemption, celle de toute autre personne, même modérément pure, change simplement ses particules éthérées pour des particules encore plus éthérées ; et tant qu’il y a en elle une étincelle du Divin, l’homme individuel, ou plutôt son ego personnel, ne peut pas mourir. Proclus disait : « Après la mort, l’âme (l’esprit) continue à s’attarder dans le corps aérien (forme astrale) jusqu’à ce qu’elle soit entièrement purifiée de toutes les passions furieuses et voluptueuses, puis repousse par une seconde mort le corps aérien comme elle l’a fait avec le corps terrestre. Sur quoi les anciens disent qu’il y a un corps céleste toujours joint à l’âme qui est immortel, lumineux et semblable à une étoile. » (13).

Socrate avait des opinions identiques à celles de Pythagore ; et tous deux ont été soumis à une mort violente, comme punition de leur philosophie divine. La foule est la même à toutes les époques. Le matérialisme a été et sera toujours aveugle aux vérités spirituelles.

Ces philosophes soutenaient, avec les hindous, que Dieu avait infusé dans la matière une partie de son propre Esprit Divin, qui anime et meut chaque particule. Ils ont enseigné que les hommes ont deux âmes, de nature séparée et tout à fait différente ; l’une périssable, l’âme astrale, ou le corps fluidique intérieur, et l’autre incorruptible et immortelle, l’Augoeidès, ou partie de l’Esprit Divin ; que l’âme mortelle ou astrale dépérit à chaque changement graduel, au seuil de chaque nouvelle sphère, devenant à chaque transmigration plus purifiée. L’homme astral, aussi intangible et invisible qu’il puisse paraître à nos sens mortels et terrestres, est toujours constitué de matière, bien que sublimée (14).

Dans les états antérieurs, les sens existaient en germe, ou en idée, pour ainsi dire, jusqu’à ce que le plan astral inférieur soit émané ; et là ils ont été concentrés de manière à devenir les sens réels que nous utilisons maintenant par l’intermédiaire des différents organes externes de la vue, du toucher, de l’ouïe et du goût ; ces organes externes sont souvent confondus avec les vrais organes et sens par ceux qui sont ignorants ou irréfléchis ; mais celui qui prend le temps de réfléchir devrait voir que leurs organes extérieurs ne sont que des médiateurs entre l’univers visible et le véritable percepteur intérieur.

Ainsi il est montré que le corps astral a en lui les organes réels des sens externes. Il a un système complet de nerfs et d’artères qui lui sont propres pour le transfert du fluide astral qui est à ce corps ce que notre sang est au physique. Il est le véritable homme personnel. En lui résident la perception subconsciente et la mémoire latente, que les hypnotiseurs actuels investissent et qui les déroutent.

C’est sur les tablettes indestructibles de la lumière astrale que s’enregistrent les impressions de chaque pensée que nous avons, et chaque acte que nous accomplissons ; et que les événements futurs, les effets de causes oubliées depuis longtemps, sont déjà esquissés comme une image vivante que l’œil du voyant et du prophète peut suivre. La mémoire, ‒ le désespoir du matérialiste, l’énigme du psychologue, le sphinx de la science, ‒ n’est pour l’étudiant des anciennes philosophies qu’un nom pour exprimer le pouvoir que l’homme exerce inconsciemment, et partage avec beaucoup d’animaux inférieurs – de voir avec la vue intérieure dans la lumière astrale pour y regarder les images des sensations et des incidents passés. Au lieu de chercher dans les ganglions cérébraux les « micrographies des vivants et des morts, les lieux que nous avons visités, les incidents dans lesquels nous avons pris part », ils sont allés dans le vaste dépôt où les enregistrements de la vie de chaque homme ainsi que chaque pulsation du cosmos visible sont stockés pour toute l’éternité (15).

L’éclair de mémoire qui traditionnellement peut montrer à un homme en train de se noyer chaque scène oubliée depuis longtemps de sa vie mortelle ‒ alors que ce paysage n’est révélé au voyageur que par des éclairs intermittents ‒ n’est qu’un bref aperçu qu’a l’âme en difficulté quand elle pénètre dans les galeries silencieuses où son histoire est enregistrée en couleurs impérissables (16).

Dans la paix des heures nocturnes quand nos sens corporels sont rapidement immobilisés par les chaînes du sommeil et où notre corps subtil se repose, la forme astrale sort de sa prison terrestre et, comme le dit Paracelse, « elle converse avec le monde extérieur » et voyage dans les mondes visibles et invisibles. « Dans le sommeil, » dit-il, « le corps astral (l’âme) est plus libre de ses mouvements ; puis s’élève vers ses parents, et tient conversation avec les étoiles. » (17).

Les rêves, les pressentiments, la prescience, les pronostics et les pressentiments sont des impressions laissées par notre esprit astral sur notre cerveau, qui les reçoit plus ou moins distinctement en proportion du sang qu’il a reçu durant les heures de sommeil. Plus le corps est épuisé, plus l’homme spirituel est libre et plus les impressions de la mémoire de notre âme seront vives.

« Au réveil d’un sommeil lourd et robuste, sans rêve et ni interruption, la conscience de veille, peut parfois ne se souvenir de rien. Mais les impressions des scènes et des paysages que le corps astral a vu dans ses pérégrinations sont toujours là, bien que latentes et masquées par la pression de la matière. Celles-ci peuvent être réveillées à tout moment, ou lors de flashes de la mémoire intérieure de l’homme, quand il y a un échange instantané d’énergies entre l’univers visible et l’univers invisible. Entre les “micrographies” des ganglions cérébraux et les galeries photo-scénographiques de la lumière astrale, un courant s’est établi. Et un homme qui sait n’avoir jamais visité physiquement, ni vu le paysage ou la personne qu’il reconnaît, peut toutefois affirmer qu’il les a tout de même vus et connus, car ces rencontres ont été faites en voyageant en “esprit” » (18).

À cela, les physiologistes pourront n’avoir qu’une seule objection. Ils répondront que dans le sommeil naturel, ‒ parfait et profond, ‒ « la moitié de notre nature capable de volition est en état d’inertie » et donc incapable de voyager ; d’autant plus qu’ils considèrent l’existence d’un tel corps astral individuel, ou âme, comme un simple mythe poétique (19).

« Les théologiens ainsi que les laïcs travaillent sous l’impression erronée que l’âme et l’esprit sont une seule et même chose. Mais si nous étudions Platon et d’autres philosophes d’antan, nous pouvons facilement percevoir que “l’âme irrationnelle”, correspondant pour Platon à notre corps astral, ou à la représentation la plus éthérée de nous-mêmes, ne peut avoir au mieux qu’une continuité d’existence plus ou moins brève au-delà de la tombe ; alors que l’Esprit Divin – appelé à tort âme par l’Église ‒ est Lui immortel par son essence même. » (20).

Certains nobles préceptes védantiques sur l’âme et les pouvoirs mystiques de l’homme ont été rapportés par un érudit hindou. « Le Sankhya, » écrit-il, « inculque que l’âme (corps astral) a les pouvoirs suivants : se rétrécir en une masse si infime que tout lui est perméable ; s’agrandir en un corps gigantesque ; être en lévitation (remonter le long d’un rayon de soleil jusqu’au globe solaire) ; posséder des organes de taille illimitée, et, par exemple, de pouvoir toucher la lune du bout du doigt ; avoir une volonté irrésistible (par exemple s’enfoncer dans la terre aussi facilement que dans l’eau) ; dominer tout ce qui est animé ou inanimé ; avoir la faculté de changer le cours de la nature, et la capacité de satisfaire tous les désirs. » En outre, il donne leurs différentes appellations : « Les pouvoirs sont appelés : 1. Anima ; 2.  Mahima ; 3.  Laghima ; 4.  Garima ; 5.  Prâpti ; 6.  Prakamya ; 7.  Vashitva ; 8. Ishitva, ou le pouvoir divin. Le cinquième est la faculté de prédire les événements futurs, comprendre les langues inconnues, guérir les maladies, deviner les pensées non exprimées, comprendre le langage du cœur. Le sixième est le pouvoir de convertir la vieillesse en jeunesse. Le septième est le pouvoir d’hypnotiser les êtres humains et les bêtes, et de les rendre obéissants ; c’est le pouvoir de restreindre les passions et les émotions. Le huitième pouvoir est l’état spirituel, qui présuppose l’absence des sept pouvoirs cités en premier, car dans cet état, le Yogi est plein de Dieu (21).

La main fantôme est l’effet d’une extrusion d’un membre intérieur ou astral de l’homme. C’est le vrai soi dont les membres ne peuvent être amputés par le chirurgien ; ils restent sous-jacents après l’ablation de l’enveloppe extérieure et éprouvent toutes les sensations que les parties physiques ressentaient auparavant. C’est ce corps spirituel (astral) « qui est “élevé incorruptible” ». Le même principe d’extrusion inconsciente d’un membre fantôme par le médium en état de catalepsie s’applique à la projection de la totalité de son corps « double » ou astral. Il peut être extrait par la volonté du soi intérieur du médium qui ne conserve aucun souvenir d’une telle intention dans son cerveau physique ‒ c’est un aspect du double pouvoir de l’homme.

Les médiums sont généralement des malades, mais les adeptes de la magie orientale sont tous en parfaite santé mentale et corporelle, et de fait, la production volontaire et indépendante de phénomènes est impossible à tout autre. Beaucoup étaient connus de Madame Blavatsky et d’autres, et jamais il n’y eu d’homme malade parmi eux. L’adepte conserve une conscience parfaite ; il ne montre aucun signe de changement de température du corps, ou de signe quelconque de morbidité ; il n’exige aucune « condition », mais fera ses exploits n’importe où et partout ; et au lieu d’être passif et soumis à une influence étrangère, il maîtrise les forces avec une volonté de fer. Le corps, l’âme et l’esprit de l’adepte sont tous conscients et travaillent en harmonie, tandis que le corps du médium est une masse inerte ; et son âme pouvant même être loin en rêve alors que son habitacle est occupé par un autre.

Le médium n’a pas besoin d’exercer de pouvoir de volonté. L’entité « spirituelle » du médium, lorsqu’elle n’est pas obsédée par d’autres esprits, agira indépendamment de la volonté ou de la conscience de l’être physique aussi sûrement qu’elle agit de l’intérieur du corps pendant une crise de somnambulisme. Ses perceptions, externes et internes, seront plus aiguës et beaucoup plus développées, précisément comme pour le somnambule. Et c'est pourquoi la forme matérialisée en sait parfois plus que le médium, car la perception intellectuelle de l'entité astrale est proportionnellement d’autant plus élevée que l’esprit de l’entité est plus raffiné que ne l’est l'intelligence corporelle du médium dans son état normal (22).

Généralement, le médium sera froid, le pouls visiblement changé, et un état de prostration nerveuse succédera aux manifestations des phénomènes attribués aux esprits désincarnés de manière confuse et non discriminée ; alors qu’il est probable qu’un tiers d’entre eux soient produits par ces derniers, un autre tiers par les élémentaux, et le reste par le double astral du médium lui-même.

Un adepte peut non seulement projeter et rendre visible une main, un pied ou toute autre partie de son corps, mais aussi la totalité de celui-ci. Dans Isis dévoilée, Madame Blavatsky relate avoir vu quelqu’un faire cela en pleine journée alors que ses mains et ses pieds étaient tenus par un ami sceptique qui espérait ainsi le feinter.

Peu à peu, toute la forme astrale émana comme un nuage vaporeux, jusqu’à ce que se dressent, devant eux, deux formes, la seconde étant le double exact de la première, et à peine plus sombre.

Projeter ce corps éthéré, à quelle que distance que ce soit ; le rendre plus objectif et tangible en condensant sur sa forme fluidique les ondes de l’essence parente, tel est le grand secret de l’adepte-magicien (23).

Cet article basé sur des citations. Il est attribué sans certitude à Robert Crosbie
Paru dans la revue américaine Theosophy - vol. X, p.40 à 46.

NOTE ‒ Ce qui précède est compilé à partir d’Isis Dévoilée d’H.P. Blavatsky et de l’Océan de Théosophie de W.Q. Judge :

(1) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. II, p. 115.
(2) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 327.
(3) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 327.
(4) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. II, 593.
(5) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 327.
(6) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 328/9.
(7) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 328.
(8) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 328.
(9) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 432.
(10) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 432.
(11) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 12, 432; vol. II, 115.
  (12) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 432.
(13) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 432.
(14) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 12.
(15) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 178/9.
(16) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 179.
(17) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 179.
(18) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, pp. 179/180.
(19) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 180.
(20) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 180/1.
(21) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. II, pp. 592/3.
(22) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. II, p. 596.
(23) H.P. Blavatsky, Isis Unveiled, vol. I, p. 281.